dimanche 22 août 2010

A L'EGARD DES ROMS UNE HYPOCRISIE SANS FRONTIERES

COURRIER INTERNATIONAL FRANCE • A l’égard des Roms, une hypocrisie sans
frontières


FRANCE • A l’égard des Roms, une hypocrisie sans frontières

"Nous ne pouvons pas rester les bras croisés lorsque nous voyons que des mineures sont contraintes de se prostituer, lorsque des enfants sont obligés de voler dans les rues, lorsque des bébés sont utilisés comme prétextes à la mendicité... C'est un grave problème, d'un point de vue à la fois humanitaire et légal", poursuit le représentant du ministère des Affaires étrangères français, pour qui les Roms sont des "victimes" en France. Et donc, afin que les Roms ne soient plus des victimes en France, il faudrait les renvoyer en Bulgarie et en Roumanie pour qu'ils y vivent dans la joie et l'insouciance, au grand bonheur des humanistes français ? Dans des déclarations moins hypocrites, les autorités françaises précisent que seuls seront expulsés ceux
qui ont enfreint la loi. Ce qui semble plus honnête et presque logique. Mais est-ce que la France expulse ses propres citoyens lorsqu'ils ont commis un délit ? En termes d'hypocrisie, la Bulgarie n'a rien à envier à la France. La nouvelle de l'expulsion de Roms de France a été accueillie avec une étonnante bienveillance de la part des autorités de Sofia. Et leur hypocrisie n'était rien en comparaison de celle des organisations de défense des droits de l'homme. Ces mêmes ONG qui font des déclarations fracassantes à l'occasion d'une gifle policière ou d'un mot de travers sont restées muettes. Le comble de l'hypocrisie - teintée d'opportunisme - a même été atteint avec les déclarations du chef du parti représentant les Roms, Euroroma, Tsvetelin Kantchev, qui a bruyamment manifesté sa joie à l'idée du rapatriement de ses concitoyens. N'est-il pas offensé, surpris, inquiet de la mesure française ? Aucunement. Son parti "soutient pleinement la France". Il est même persuadé qu'il est capable, à lui tout seul, de régler "70 % des problèmes" des Roms s'il devient un jour ministre.
Entre-temps, de violentes critiques se sont abattues sur la France et l'Union européenne, accusées de pratiquer la politique du deux poids, deux mesures face aux Roms, selon qu'ils résident dans l'ouest ou dans l'est du continent. Car la France n'est pas la seule à expulser sans ménagements, loin s'en faut. Récemment la municipalité de Copenhague a demandé l'aide de l'Etat pour expulser quelque 400 Roms. En Belgique, 700 d'entre eux ont été chassés de Flandre vers la Wallonie. En Italie, cette politique a cours depuis des années. L'Allemagne expulse de jeunes Roms vers le Kosovo, même s'ils sont nés sur le sol allemand et ne parlent que la langue de Goethe. Le problème des Roms se pose désormais à l'échelle du continent tout entier, alors que l'on en est encore à débattre de leur nombre exact : sont-ils 9 ou 16 millions ?
Seul un vrai débat paneuropéen sur un problème qui devient de plus en plus paneuropéen pourrait permettre d'identifier les solutions qui fonctionnent dans les différents pays, de mettre en commun les ressources et d'instaurer une nouvelle politique, porteuse de vraies solutions. Sinon, rien ne changera. Nous envoyons les Roms en Europe et l'Europe nous les renvoie. "Djelem, djelem"... en voyage, en voyage, comme dit la chanson tsigane. Le problème est que ce voyage ne mène nulle part.

1 commentaire:

  1. Sans ton permis, Sarah, j'avait edité l'entrée parce que je pense que c'est plus facile à lire comme ça.

    Par rapport au sujet de l'article je vous laisse deux articles très intéresasnts:

    -
    Le départ est souvent une question de survie.
    Ici des images.

    - Europa, Francia y el Via Crucis de los Gitanos Rumanos

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